UQAM - Université du Québec à Montréal Faculté des sciences humaines
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Institut d'été 2011

La vie après une tentative de suicide
du 1er au 3 juin 2011

Chaque année au Québec, près de 30 000 personnes font une tentative de suicide. Certaines d’entre elles souffriront de séquelles importantes au plan psychologique ou physique. Par quels moyens ces personnes parviennent-elles à redonner un sens à leur vie après avoir tenté d’y mettre fin prématurément? Quels sont les enjeux entourant leur réinsertion à l’intérieur de leur famille, de leur cercle d’amis, de leur milieu de travail? Quelles sont les interventions prometteuses auprès de cette clientèle? À partir de témoignages éclairants et de conférences offrant une diversité de perspectives cliniques et théoriques, cet Institut d’été vise à identifier les conditions qui favorisent le rétablissement après une tentative de suicide et les moyens à même de soutenir leur implantation.

Près de 80 personnes ont assisté à chacune des journées. Les présentations des conférenciers sont disponibles en cliquant sur le titre de celles-ci ci-bas.

MERCREDI 1er JUIN 2011

Mot de bienvenue et introduction

Michel Tousignant, professeur retraité, département de psychologie, UQÀM


Quels sont les facteurs associés à un risque accru de décès par suicide après une tentative?
Janie Houle, professeure, département de psychologie, UQÀM, chercheure, CRISE
Cette présentation fera un bref survol des études longitudinales ayant suivi, sur une période de 1 à 25 ans, des personnes admises à l’urgence suite à une tentative de suicide. Les principaux facteurs associés à un risque accru de décès par suicide seront identifiés, de même que les implications qui en découlent pour la pratique.

Portrait du recours aux services avant et après une tentative de suicide qui requiert une hospitalisation
Danielle Routhier, travailleuse sociale, coordonnatrice de recherche, Institut universitaire de santé mentale Douglas
Il est largement établi qu’une tentative de suicide antérieure et que les troubles mentaux constituent d’importants facteurs de risque de suicide. Les services de santé ont sans contredit un rôle important à jouer en matière de prévention du suicide. À partir de données médico-administratives, un portrait des patrons de recours aux services à des fins de santé mentale avant et après une hospitalisation pour tentative de suicide est réalisé chez l’ensemble des montréalais. On pose un regard particulier sur la relation entre les diagnostics de schizophrénie ou de dépression et les niveaux de services utilisés (première ligne ou spécialisés). Les résultats laissent poindre des avancés en matière de prévention. Par contre, d’autres constats inquiètent.


La tentative de suicide: vulnérabilités et opportunités
Brigitte Lavoie, psychologue
L ’ensemble des services doit mieux reconnaître la vulnérabilité des personnes qui viennent de faire une tentative de suicide. Cette fragilité impose un suivi plus étroit et des actions proactives. Les semaines qui suivent une première crise cardiaque sont aussi cruciales pour changer des habitudes de vie en faveur d’une meilleure santé cardiaque. Et si le clinicien voyait la tentative de suicide comme un moment crucial pour changer des habitudes de vie en faveur d’une meilleure santé mentale? Les recherches sur la psychologie positive nous ont appris comment certaines personnes ont fait pour rebondir après avoir connu le pire. Le clinicien peut utiliser ces connaissances pour aider les personnes à apporter des changements significatifs et durables à la vie qui suivra la tentative.


Place des thérapies cognitives et comportementales dans le traitement de la dépression avec complications suicidaires
Réal Labelle, professeur, département de psychologie, UQÀM, chercheur, CRISE et Hôpital Rivière-des-Prairies
Aujourd’hui, les thérapies cognitives et comportementales qui prennent leurs sources dans un ensemble de données scientifiques semblent très prometteuses pour vaincre les conduites suicidaires. En fait, cette approche psychothérapeutique permet d’enrichir la conceptualisation des conduites suicidaires parce qu’elle propose des hypothèses qui tiennent compte à la fois des facteurs de risque et de protection, et qu’elle favorise des stratégies de traitement axées sur l’alliance thérapeutique, les compétences psychosociales, les comportements adaptés et l’immunisation contre l’adversité. Cette présentation vise à mettre en lumière ce cadre particulier de soins et à discuter de la pratique clinique à partir d’exemples de cas. Cette conférence s’adresse à un large public qui est confronté aux conduites suicidaires.


Reprendre le travail: un défi et un soutien pour l'équilibre de la personne
Alain Dubois, Conseiller d'orientation, Institut de Réadaptation en Déficiences Physiques de Québec
Le travail occupe une place importante dans notre société occidentale contemporaine. Il n'est donc pas surprenant qu'il représente un enjeu important pour la personne qui a vécu un moment de crise. Reprendre le travail suscite souvent chez la personne un mélange de la crainte de ne pouvoir réussir à rencontrer les exigences du milieu travail et du désir de saisir l'occasion d'affirmer son autonomie. S'appuyant sur une réflexion issue de la pratique clinique, la communication présentera des repères pour mieux comprendre la signification du travail chez la personne engagée dans une démarche de réinsertion au travail afin de l'accompagner dans ce processus qui est à la fois une épreuve mobilisant ses ressources et un moyen pour donner un sens à sa vie.



JEUDI 2 JUIN 2011

Que faire de sa tentative de suicide?
Maxime Olivier Moutier, auteur et psychanalyste, École Lacanienne de Montréal
Pour que cet instant devienne un acte, donc un tournant dans une existence, et éviter que le tout se répète, comment le monde dans lequel nous sommes traite-t-il la tentative de suicide?  Quelqu'un qui parle de sa tentative de suicide est au moins quelqu'un qui n'est pas mort.  La kyrielle d'intervenants dans le domaine de la santé mentale peut-elle aider à ce que cela se forme pour une personne comme point de départ à une mise au savoir féconde, ou non?  N'y aurait-il pas mieux à faire de son suicide que de tenter de l'oublier?


Une tentative de suicide : un changement de vie vers le meilleur ou vers le pire?
Suzanne Lamarre, M.D., médecin psychiatre, Hôpital St-Mary’s
Le principal indicateur pour des risques élevés de suicide lors d’une évaluation de risques suicidaires est une tentative de suicide antérieure. Les idées suicidaires sont aussi des facteurs de risque importants tout comme les suicides chez des membres de la famille. Le suivi de la personne suicidaire selon les critères des bonnes pratiques consistent actuellement à traiter cette dernière et à faire assurer sa sécurité par les siens sans se préoccuper du nouveau mode de vie que ce geste suicidaire et cette surveillance même peuvent entrainer. À partir de ses observations sur ce changement de vie vers le pire, l’auteure de cette présentation décrira son approche auprès de la personne suicidaire et des siens qui consiste à amener ces derniers à éliminer pour de bon toute solution suicidaire parmi eux. C’est une approche fondée sur la réciprocité et sur les valeurs de collaboration. Un DVD illustrant cette approche sera aussi disponible.


Programme de suivi étroit/intégré dans la communauté : dans l’œil du cyclone
Manon St-Laurent, responsable du programme de suivi étroit/intégré, et Geneviève Dion , psychosociologue, chef d'équipe et intervenante, Centre  de prévention du suicide et d’intervention de crise du Bas-St-Laurent
Une tentative de suicide c’est le passage d’un cyclone dans la vie d’une personne et de ses proches. Après le désastre, la personne doit se reconstruire et donner sens à l’événement. L’accompagnement au cœur de la tempête est le premier pas vers la restauration d’un équilibre intérieur et c’est ici que débute le suivi étroit/intégré. Après 3 ans de services, nous dressons le portrait des actions posées au sein de cette approche spécifique et un bilan de ses réalisations.


Le suicide et les tentatives de suicides en milieu autochtone: piste de survie
Nathalie Morin, anthropologue, coordonnatrice de recherche, CRISE, UQAM
Les suicides et les tentatives de suicide ont des taux très élevés dans certaines communautés autochtones du Québec. Sur le plan historique, des générations successives ont vécu des traumas multiples, ce qui a eu des conséquences autant pour les collectivités, les familles que pour les individus. Ces ruptures ont provoqué des séquelles et des marques profondes dans le tissu social, l'identité culturelle et le lien entre parents et enfants. Étant donné la taille réduite de ces communautés et les liens étroits, une seule tentative de suicide ou un seul décès par suicide peut produire un impact immédiat important. Dans ces conditions, comment s'organise la vie après une tentative de suicide dans une communauté autochtone ? Peut-on penser à des interventions communautaires plutôt qu'individuelles ou en complément de celles-ci? Comment une communauté peut-elle se mobiliser ou non? 



VENDREDI 3 JUIN 2001

Prévenir la récidive de tentatives de suicide : vers une compréhension des parcours de soin selon le genre
Brian Mishara, professeur, département de psychologie, UQÀM, directeur, Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie
Le CRISE, avec plusieurs partenaires, effectue présentement une recherche portant sur le parcours de soin des personnes qui se présentent à l’urgence d’un centre hospitalier suite à une tentative de suicide. Cette recherche, qui vise à suivre pendant 18 mois 700 personnes qui ont fait une tentative, a pour but d’identifier les pratiques et interventions qui contribuent à diminuer les risques de suicide. Cette recherche permettra de décrire les services et soins que reçoivent les personnes ayant fait une tentative de suicide et permettra également d’identifier les caractéristiques liées aux interventions qui contribuent à la diminution des comportements suicidaires. Nous présenterons les résultats préliminaires de cette étude et discuterons des enjeux dans la prévention des récidives et l’amélioration de l’adaptation des personnes suite à leur tentative selon les recherches antérieures ainsi que les données préliminaires de notre étude.


Suivi intensif dans le milieu : un service adapté aux besoins des personnes vivant avec une maladie mentale grave et persistante.
Sylvie Robillard, infirmière communautaire et Danny Lamoureux, psychoéducateur, SIM (Suivi intensif dans le milieu), Centre hospitalier de Granby
Le fonctionnement du service de suivi intensif dans le milieu sera décrit, de même que l’approche utilisée en fonction des besoins particuliers de la clientèle et des territoires desservis. À l’aide de vignettes cliniques, le vécu des personnes ayant été aux prises avec des idéations ou des tentatives suicidaires sera abordé en mettant l’accent sur la façon dont elles ont recommencées à fonctionner au quotidien suite à leur rétablissement.


Comment soutenir les proches après qu’un être cher a fait une tentative de suicide
Melissa Lutchman , Responsable du service aux proches et à la famille, Suicide Action Montréal
Une personne qui fait une tentative de suicide, c’est très inquiétant pour ses proches (membres de la famille, amis, collègues, connaissances). Ceux-ci ont besoin d’être soutenus et guidés dans le soutien de la personne qui a tenté de s’enlever la vie. Ces proches sont de puissants facteurs de protection pour éviter les récidives de passage à l’acte. Ils sont des raisons de vivre, des intermédiaires souvent essentiels entre la personne en détresse et les services d’aide ainsi qu’une source de soutien déterminante. Les proches jouent donc un rôle absolument unique en prévention du suicide, assurant un filet de sécurité pour la personne suicidaire. Malheureusement, en dépit de leur contribution déterminante, les proches demeurent rarement considérés dans les interventions. Cette présentation permet d’identifier différents moyens pour mettre à profit l’énorme potentiel d’intervention des proches auprès des personnes qui ont déjà fait une tentative de suicide et d’en explorer les impacts positifs tant pour les personnes en détresse que pour leurs proches.


 

Pour plus de renseignements

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